Si justice
ne pouvait être rendue au Jésus de l'histoire sans la grille de lecture
élaborée par la Critique historique, la bonne interprétation de son
enseignement impose cette même grille. Faute de l'avoir connue, la chrétienté
aura multiplié les contre-sens. L'interprétation du "Royaume de
Dieu" en constitue l'un des plus
dommageables.
Il s'agit là d'une innovation révolutionnaire,
inouïe, quasiment insensée. La félicité promise, l'entrée dans la Grande
fraternité, n'est pas pour bientôt.
Jésus l'annonce comme immédiatement à notre portée. Son enseignement
s'attachera à nous en montrer le chemin.
Le peuple
juif attendait du Messie l'établissement d'un État. C'est un état dont Jésus apporta la révélation.
Cet état, cette vraie vie est disponible individuellement.
En
conséquence s'élabore peu à peu la communion de tous les êtres qui portera le
monde en l'Oméga espéré. Le Royaume de Dieu est donc à la fois présent et en
voie d'édification. il vient et il est là, dira Jésus à sa manière a priori
déroutante – mais il est vrai qu'il affectionnait les paradoxes.
Le Royaume de l'au-delà viendra en
conséquence. Jésus ne le décrit pas…
Tout au contraire de son Église qui y consacrera des soins excessifs, faussant le message initial.